| Marie-Eve Dumas |
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Étudiante en soudage-montage, lauréate du Concours Chapeau les filles! 2005
Marie-Eve, un modèle inspirant pour toutes celles qui pensent que les métiers traditionnellement masculins, ce n’est pas pour elles. Bonjour, je m’appelle Marie-Eve. J’ai 25 ans. Je suis une personne plutôt timide et réservée. Mais j’ai beaucoup de volonté et de ténacité. Quand je décide de faire quelque chose, je le fais jusqu’au bout. Quand j’étais enfant, je suivais parfois mon père dans le garage. Mon père est un touche-à-tout. Il est l’homme à tout faire. Plus jeune, je rêvais de pouvoir réaliser plein de choses de mes mains, comme lui. Je l’admirais d’être aussi débrouillard. Mais mes parents sont plutôt traditionalistes. C’est pourquoi quand vint le temps pour moi de choisir mon futur métier, je me suis tournée vers le cégep et l’université. À l’époque, seuls ceux qui avaient des difficultés scolaires se tournaient vers la formation professionnelle. Moi, j’étais douée pour les études. J’entends encore ma mère parler des « hautes » études que sa fille allait faire. Je me suis cherchée pendant trois ans avant d’aboutir dans une formation technique en intégration multimédia, qui devait me garantir le plein emploi dans le merveilleux monde du web, à condition de vouloir vivre à Québec ou à Montréal. Je me suis rendu compte trop tard que les grandes villes n’étaient pas faites pour moi. J’ai cherché de l’emploi en région. J’en ai trouvé un dans mon domaine, soit en conception de sites web, mais au bout de six mois, on m’a mise au chômage. J’ai cherché et cherché et je n’ai pas trouvé d’emploi dans ce secteur en région. Et puis, je me suis aussi rendu compte que passer mes journées assise ne me convenait pas du tout. Le travail de bureau, ça m’éteignait! C’est en faisant une recherche afin de trouver une formation scolaire de courte durée que je suis tombée sur le cours de soudage-montage. Mon conjoint est ébéniste et je nous voyais déjà en train de fabriquer des meubles en bois et en fer. Cependant, je n’étais pas manuelle pour deux sous. Le défi était d’autant plus grand. Lorsque j’ai annoncé à mes proches que je voulais suivre cette formation, leur scepticisme m’a fortement ébranlée. Mais j’ai persisté dans cette voie. Je travaille fort depuis pour arriver à atteindre mon objectif : finir mon cours afin de pouvoir, dans un avenir plus ou moins rapproché, mettre sur pied une petite entreprise de fabrication de meubles et accessoires en métal. Je connaissais peu le métier de soudeur-monteur avant de débuter ma formation. Je savais que j’apprendrais à assembler des pièces de métal ensemble afin d’obtenir une structure donnée, mais ça restait un peu abstrait pour moi. Les procédés de soudage et les outils élémentaires d’un soudeur tels le marteau à « défluxer », m’étaient inconnus. Depuis, j’ai appris à me servir de différents outils. Je me suis habituée à la chaleur et à manipuler la torche pour souder. Je suis tombée amoureuse du métier. J’ai appris progressivement à lire des plans, à choisir et à couper le matériel dont j’ai besoin pour fabriquer mon projet et à l’assembler. J’ai hâte de participer au montage de structures d’acier de grande envergure. J’ai choisi ce métier parce que le travail physique m’attirait. Je voulais avoir un métier d’avenir aussi. Je voulais apprendre à travailler de mes mains, à fabriquer des choses. Je voulais suivre une formation qui me permettrait d’avoir un emploi bien rémunéré et de bonnes conditions de travail. Enfin, je voulais apprendre un métier qui me stimulerait tout simplement. Au départ, le fait de me diriger vers un métier presque exclusivement masculin m’angoissait. Cependant, j’ai beaucoup d’amis masculins. J’aime leur façon directe de dire les choses. C’est un élément facilitant au niveau des relations de travail. Je participe à ce concours afin de pousser les femmes à poursuivre leur rêve et à foncer. J’espère inspirer celles qui pensent que travailler manuellement dans un univers masculin est impossible. Par-dessus tout, j’espère inciter d’autres femmes à embrasser une carrière dans un métier traditionnellement réservé aux hommes. |
