| Isabelle Noël |
|
Étudiante en techniques d’usinage, lauréate du Concours Chapeau les filles! 2006
Nul doute que la persévérance d’Isabelle a été un gage de réussite dans son projet d’études. Elle espère que le témoignage de son cheminement saura inspirer les femmes et les encouragera à passer à l'action vers une destination moins traditionnelle et un meilleur avenir. Certaines personnes savent depuis leur plus jeune âge Ie métier qu'elles voudraient faire plus tard. D'autres, comme moi, l'ignorent. Elles ne le sauront que plus tard. Ma façon de le découvrir a été d'explorer divers emplois. A travers ces emplois, j'ai appris à me connaître. Enfant, on disait que j'étais un petit gars manqué. Ils avaient raison. J'aimais beaucoup plus jouer aux autos, aux Lego, à la lutte avec les garçons, que de jouer à la poupée ou aux Barbies avec les filles. Adolescente, j'étais rebelle et indisciplinée. Les seules choses qui me captivaient étaient le sport, l'art dramatique et les mathématiques. A 18 ans (1995), j'ai quitté l'école régulière avec un secondaire 3 complété. J'étais intelligente, mais tout me passait 10 pieds par-dessus la tête, même mon propre avenir! J'étais très inconsciente. A ce moment-là, j'ai commencé à travailler, à payer mon propre logement et les comptes qui s’ensuivaient. J'ai occupé des postes dans différents domaines : public, animal, santé et travaux manuels. A 22 ans (1999), j'ai commencé à comprendre l'importance d'avoir un secondaire 5 et même une formation dans un domaine particulier. Je désirais un meilleur avenir. J'ai débuté des cours à l'éducation des adultes, tout en occupant un emploi à temps plein. A 26 ans (2003), j'ai décidé d'étudier à temps plein. Cela a été très difficile, je travaillais et allais à l'école, c'est tout ce que j’avais le temps de faire. Mais grâce à ce sacrifice, je suis ici aujourd'hui à finaliser ma technique d'usinage et j'en suis fière. Cette année-là, j'ai fait mon choix de carrière. Je me suis rendue à l'école Paul-Rousseau située à Drummondville, près de chez moi, ai pris de l'information sur les différentes formations offertes. L'une d'entres elles m'attira d'avantage, la technique d'usinage. Le métier de machiniste consiste à usiner des pièces généralement en métal, à l'aide de machines-outils qui permettent de fabriquer des pièces d'une grande précision. Il faut être minutieux, perfectionniste et avoir une bonne capacité à percevoir des dessins en trois dimensions. En septembre 2004, à 27 ans, j'ai débuté ma formation professionnelle en usinage. Dans ma classe, nous étions trois filles et en janvier 2005, il ne restait plus que moi car je suis une fille persévérante, travaillante, positive et ayant un fort caractère. La plupart des gars m'ont toujours encouragée et ils sont fiers d'avoir avec eux une fille qui veut réussir avec l'esprit compétitif. Mais tout n'a pas toujours été facile. Lorsque j’avais de la difficulté avec un sujet en particulier, je m'y attardais davantage. Je ramenais des travaux supplémentaires à la maison et si nécessaire, je restais après les cours jusqu'à ce que tout soit bien clair pour moi. Je n'ai jamais baissé les bras. Après mon cours, je vais travailler comme machiniste. Il y a beaucoup d'emplois dans ce domaine. Deux employeurs m'ont déjà contactée pour un futur emploi. En septembre prochain, je veux me spécialiser. Je vais m'inscrire à un ASP en matriçage et/ou commande numérique. J'espère encourager et inspirer les femmes, qui tout comme moi désirent occuper des emplois majoritairement masculins et persévérer. Pour ma part, je vous assure que je ne me suis jamais sentie aussi à ma place qu'en ce moment. J'espère que par mon cheminement, je ferai germer une petite graine dans votre tête ou vous encouragerai à passer à l'action. Chapeau les filles! |
