Linda Nault
Étudiante en soudage-montage, lauréate du Concours Chapeau les filles! 2007 Je souhaite à toutes les femmes de trouver le métier qui saura allumer la flamme dans vos yeux, car moi j'ai trouvé ma flamme, ma passion.

Bonjour je m'appelle Linda Nault, j'ai 38 ans et j'ai 3 enfants. Je participe au concours pour la troisième et dernière fois.

Au secondaire, j'étais mêlée. Après avoir lu des romans où l'héroïne était infirmière, je me suis inscrite au cours d'infirmière auxiliaire. J'aimais l'uniforme blanc et j'avais un coté Mère Teresa. Mais à la fin de la première année, quand fut le temps des piqûres, j'ai su que ce n'était pas pour moi. Je suis retournée finir mon secondaire. Après mon D.E.S, je me suis inscrite en esthétique. J'aimais bien travailler de mes mains mais je n'aimais pas écouter les problèmes des clientes et je dormais dans mes cours. J'ai quand même décroché mon diplôme.

Pendant plusieurs années ma vie de femme a pris le dessus sur ma carrière. Je me suis mariée et j'ai eu mes deux filles. Ce mariage a été ponctué de violence physique et verbale. Au bout de huit ans, j'ai divorcé, car je me suis dit que je méritais mieux. Par la suite, j'ai rencontré un autre homme avec qui j'ai eu mon fils. Celui-ci est malheureusement décédé quand mon fils avait deux ans. Encore une fois, la vie ne me ménageait pas et j'ai dû rebondir. Quelques années plus tard, je me suis remariée pour divorcer un an après. En plus de toutes ces difficultés, j'ai eu de graves problèmes de santé. J'ai combattu un cancer qui malheureusement a récidivé. Après une opération et bien du courage, j'ai triomphé de ma maladie. Ouf! Après toutes ces épreuves, j'étais enfin prête à m'occuper de ma carrière.

Je ne voulais pas aller au cégep, car je ne me trouvais pas assez intelligente et je n'avais pas confiance en moi. Il y a trois ans, je suis allée au Service intégré pour l'emploi, un regroupement pour les femmes en emploi. Après avoir passé des tests d'intelligence, j'ai su que je pouvais faire tout ce que je voulais. Aussi, les intervenantes nous ont présenté un vidéo sur les métiers non traditionnels. J'ai eu la piqûre. J'ai été faire un D.E.P. en mécanique industrielle, j'ai bien aimé ce cours, mais je voulais un métier qui serait une passion. Après avoir vu une émission à la télévision où l'on voyait Christian Poulin, un professeur au Centre professionnel de formation André-Morissette (CFPAM), parler de sa passion la soudure, j'ai su que c'était ce que je voulais faire.

Aujourd'hui, j'étudie au CFPAM de Plessisville en soudage-montage et c'est ma passion. Je peux assembler des pièces pour les souder et en faire ce que je veux. Pendant mon cours, j'ai fabriqué une passerelle, des chandeliers, des poêles extérieurs et plusieurs autres choses. Que je soude au tig, à la semi-automatique ou à l'électrode enrobée, je suis dans mon élément. Dans mon métier, nous sommes appelés à réparer, modifier ou monter toutes sortes de choses et c'est ce que j’aime. Cette passion est tellement grande que je m'ennuie de souder si je suis plus de trois jours sans le faire. À l'école, les professeurs nous aident beaucoup. Aussi, nous avons l'aide d'une intervenante pour les femmes qui est toujours prête à nous aider.

D'ailleurs, je n'hésite pas à leur demander de l'aide en cas de besoin. Maintenant je peux dire avec certitude que j'ai confiance en moi. Durant l'année 2006, j'ai été la présidente du Comité de santé et sécurité (CSST) de l'école. J'ai fait des témoignages dans les écoles pour parler aux professeurs de la formation professionnelle afin de les sensibiliser à l'importance de ces métiers. Je sais que la passion qui m'anime quand je parle de mon métier de soudeuse a convaincu certaines femmes que la soudure, c'est aussi pour nous. Rien n'est impossible en soudure, il faut laisser aller notre imagination. Je suis fière, car j'ai toujours aimé travailler de mes mains, je suis minutieuse, patiente, capable de relever des défis et c'est selon moi des qualités essentielles à mon métier. Je termine à la fin mars et je suis contente de n'avoir pris aucun retard. J'ai terminé ma théorie tout en étant capable d'avancer en même temps en atelier. Pour le futur, je préférerais travailler dans un milieu utilisant la semi-automatique. Quoiqu'il arrive, une chose est claire, je vais souder. Aussi, j'aimerais fortement avoir un endroit chez moi où je pourrais souder. Ainsi, ma passion se vivrait autant au travail qu'à la maison.

Je participe au concours parce que je suis fière de faire un métier que j'adore et que, même s'il est traditionnellement réservé aux hommes, c'est le mien. Je souhaite à toutes les femmes de trouver le métier qui saura allumer la flamme dans vos yeux, car moi j'ai trouvé ma flamme, ma passion. Je sais que je mérite de gagner, car je suis une preuve qu'avec de la persévérance, on vient à bout de tout. Merci.

LINDA NAULT