Germaine Morin Proulx

Elle a tout un parcours

Née à Saint-Félix-de-Kingsey, M me Germaine Morin Proulx est la cinquième d'une famille de treize enfants. Après ses études en 1942, elle a commencé une carrière dans l’enseignement qu'elle a malheureusement dû terminer pour des raisons de santé en 1946.

À ce moment, elle déménage à Drummondville pour y travailler dans d'autres secteurs. En 1965, elle revient à l'enseignement et après le décès de son mari en 1966, elle retourne aux études et obtient deux baccalauréats alors qu'elle continue d'enseigner jusqu’à sa retraite en 1985.

En 1946, M me Morin Proulx innove et fonde avec trois autres jeunes danseuses l'Académie de ballet de Drummondville. En 1948, elle en prend la direction et la dirige toujours avec autant de passion en 2007. À ce jour, plus de 15 000 danseurs y ont fait leurs classes. Certains de ceux-ci connaissent des carrières professionnelles en danse.

Au début des années 1940, M me Morin Proulx étudie le chant grégorien et en atteint le cinquième niveau. Elle est passionnée par le chant, elle participe à la fondation de plusieurs chorales dans le Centre-du-Québec et en 1958, elle fonde avec quatre collègues la Société des concerts de Drummondville.

Madame Morin Proulx a vraiment été bâtisseuse tous azimuts dans le domaine des arts. En 1968, elle fut membre du premier conseil d'administration du Centre culturel de Drummondville; de 1987 à 1992, elle y représenta les organismes résidants. Elle siégea à la Table du comité de la danse de Drummondville de 1971 à 1980. En 1982, elle fut membre du premier conseil d'administration du Festival mondial de folklore et y siégea jusqu'en 1987. De 1978 à 1986, elle présida la conférence de la danse du Conseil régional de la culture de la région 04 et fut représentante des régions au Regroupement des professionnels de la danse du Québec.

Le développement culturel de sa région a toujours été intimement lié à sa mission. M me Morin Proulx a participé à la vaste réflexion qui a donné naissance au Livre vert du ministre L'Allier et à la création du Conseil régional de la culture de la région 04. Elle en a été gestionnaire durant une quinzaine d'années, dont quatre années à titre de présidente.

Pendant sa carrière, de nombreuses reconnaissances lui ont été décernées. Au cours des années 1980 et 1990, la Chambre de commerce de Drummond l'a reconnue et honorée pour sa très grande contribution au domaine des arts. En 1987, elle a été en nomination comme citoyenne émérite du Canada au titre de Pionnière de la communauté artistique et culturelle puis le Centre culturel de Drummondville l'a honorée comme bâtisseuse de la vie culturelle drummondvilloise. En 1991, le ministère des Communications du Canada lui a décerné le prix Marc-L'Escarbot pour sa contribution exceptionnelle à la vie culturelle de sa circonscription.

En 1993, elle reçoit la Médaille commémorative du 125 e anniversaire de la Confédération du Canada. En 1995, l'honorable Lise Thibault, lieutenant-gouverneur du Québec, lui rend hommage à titre de représentante d'une famille irlandaise (son arrière-grand-mère maternelle est Marguerite Kelly) lors de la commémoration du 150e anniversaire de l'arrivée des Irlandais au Québec. En 1996, lors du 50 e anniversaire de l'Académie, on donna le nom de Germaine-Morin-Proulx à la salle de ballet du Centre culturel.

La mission de M me Morin Proulx pour le développement des arts et de la culture s'est réalisée en parfaite symbiose avec l'avancement des femmes et l'évolution des mentalités dans la société. La vision du développement des arts qu'elle a su transmettre est aujourd'hui devenue réalité. C'est une plus-value à notre richesse collective et un héritage pour les générations à venir.

Soumis par Johanne Marceau, directrice de Médias Transcontinental L’Express et par le comité Affaires au féminin de la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond.

Présenté à Partance le 15 novembre 2007.